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8 mars 2026 - Journée internationale des droits des femmes.

Les délimitations du féminisme qui étaient jusqu’à présent bien claires, se trouvent dorénavant dans un brouillard, dans un état sinueux, voyant son cadre affirmé maintenant entravé, voyant son sens édulcoré par des dérives volontaires.

Une part extérieure vient se mêler volontairement, prête à brouiller, à créer du flou dans l’histoire de ce que le féminisme dénonce et défend. Une part qui cherche à réécrire, à redéfinir, à détourner parfois ce qui a été construit par des générations de luttes.

Prête à revoir la définition même du féminisme, à déplacer ses frontières, à troubler ses repères, au risque d’effacer les combats qui lui ont donné naissance.

Non, le féminisme n’appartient pas à Némésis. Non, le féminisme n’est pas et ne sera jamais du côté de l’extrême droite.

Le féminisme ne peut être capturé par des idéologies qui reposent sur l’exclusion, la hiérarchisation des vies et la fermeture aux autres. Il ne peut être utilisé comme un instrument de division ou de peur.

Le féminisme est né d’un refus de la domination et d’une volonté d’émancipation universelle. Le féminisme s’est construit depuis des générations et des générations.

Au travers de l’histoire, depuis que nos grands-mères et arrière-grands-mères, elles-mêmes, se sont battues, battues, battues et encore battues.

Elles ont risqué leur vie, leur identité. Elles ont défié les normes sociales, les lois, les regards, et souvent même leur propre famille.

C’est de leurs batailles, de leurs tripes, de leur rage qu’est né le féminisme. De leur volonté de survivre, mais aussi de vivre dignement.

Le féminisme est né afin de se lever, de se relever encore et encore et de tenter si bien que mal, de rester debout pour combattre ces injustices vécues dans leur chair : quand elles ont dû avoir cet enfant issu du viol qu’elles ont subi, lorsqu’elles ont dû rester avec ce mari maltraitant, lorsqu’elles n’avaient pas le droit d’avoir un avis, une idée, une limite, un comportement qui leur appartienne.

Quand leur parole était étouffée et leur colère discréditée.

Quand elles n’avaient pas le droit de disposer de leur travail, de leur argent, de leur avenir, de leur corps…

Aujourd’hui, la femme est toujours utilisée comme un objet. Son utérus ne lui appartient pas. Son corps ne lui appartient pas. Son corps, son énergie sont utilisés, volés, violés.

Encore trop souvent, son existence est pensée à travers ce qu’elle peut produire, donner, porter, nourrir ou satisfaire.

Les femmes doivent faire face au quotidien à tous ces vampires, ces voleurs, ces systèmes qui se nourrissent de l’énergie des femmes, de leur travail invisible, de leur charge mentale, de leur dévouement naturel.


Dans la médecine traditionnelle chinoise, l’énergie féminine yin nourrit le yang, énergie masculine qui l’utilise pour créer du mouvement.

Le yin soutient, contient, nourrit, régénère. Le yang agit, projette, transforme, toujours à partir du yin.

Mais cet équilibre n’est possible que lorsqu’il est respecté, lorsqu’il n’y a pas appropriation, domination ou exploitation de l’un par l’autre.

À quel moment le masculin s’est senti le droit de se servir ?

À quel moment l’équilibre est-il devenu domination ?

À quel moment la complémentarité a-t-elle été transformée en hiérarchie ?

Je pense à Brigitte Bardot, qui a quitté ce monde cette année. Hyper affirmée, elle s’est battue pour ses droits de femme et pour les animaux.

Figure libre, provocatrice, indocile, elle a incarné à sa manière une rupture avec les normes imposées aux femmes de son époque.

À contrario, elle était très proche de l’extrême droite et de ses pensées de frontières.

Et c’est là que quelque chose m’échappe. J’ai du mal à comprendre comment, après avoir vécu ce que cela signifie d’être jugée, enfermée dans des rôles, réduite à une image ou à un corps, on peut à son tour soutenir des idées qui tracent des lignes si dures entre les êtres humains.

Comment peut-on vouloir défendre certaines vies et en exclure d’autres ?

Comment peut-on connaître l’injustice, la domination, le regard qui enferme, et malgré cela accepter qu’il existe des frontières morales entre les personnes, selon leur origine, leur culture ou leur appartenance ?

Pour moi, le féminisme naît précisément de cette expérience de l’injustice. Et c’est pour cela qu’il ne peut pas se construire sur l’exclusion.

Le féminisme, lui, se veut pour l’égalité de tous, sans aucune distinction.

Je soutiendrai toujours et encore toutes les femmes de ce monde.

Celles qui parlent, celles qui crient, celles qui résistent.

Mais aussi celles qui n’osent pas encore, celles qui ont peur, celles qui survivent dans le silence.

Nous avançons en gagnant du terrain dans cette égalité homme-femme tant réclamée.

Chaque génération ouvre un peu plus l’espace pour la suivante.

Chaque droit obtenu est une brèche dans l’ordre ancien.

Mais, mesdames, restez bien éveillées. À tout moment on vous retirera vos droits.

L’histoire nous l’a montré : rien n’est définitivement acquis.

Nos droits sont sans arrêt remis en question, et la menace est pesante.

Le mouvement des masculinistes, par exemple, prétend défendre les hommes, mais en réalité, il cherche à remettre en question nos acquis et à minimiser les inégalités. Il tente parfois de freiner les progrès du féminisme et de restaurer le pouvoir sur nous.

Et quand on connaît les chiffres des féminicides en France chaque année, les viols commis sur les femmes, le harcèlement de rue… parler de « défense des hommes » à ce sujet, c’est tout simplement une blague !

Non, rien n’est gagné. Gardez bien vos poings et vos cœurs levés.

Gardez votre mémoire, votre solidarité, votre vigilance.

Continuez de parler, de penser et d’agir.

C’est la sororité entre femmes qui permet de se soutenir face aux injustices.

Cette main tendue à sa sœur, pour l’aider à se relever, pour avancer côte à côte et ne laisser aucune femme seule face aux combats qu’elle traverse.

Car si la sororité est si essentielle, c’est parce que les hommes sont bien trop souvent absents de nos combats. Ils peuvent être d’accord, ils peuvent nous soutenir, mais ils s’impliquent rarement à lever le poing à nos côtés.

Le féminisme n’appartient pas qu’aux femmes, et il ne peut exister sans cette alliance avec des hommes engagés eux aussi.

Alors, oui le féminisme est de gauche, la gauche c’est bien le côté du cœur non ?

Annaïk Viallet - 8 mars 2026 Ecrit sans IA



 
 
 

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